brain what where when decision choice concept isolatedLa réalité de ce que nous percevons est sans cesse reconstruite par notre cerveau, ce qui explique que chacun ait une vision de la réalité qui lui est toute personnelle. Notre cerveau traduit les informations reçues en fonction de ce qu’il est (génétique) et de ce qu’il a vécu et appris par le passé (expériences, éducation, etc.). On parle ainsi de réalité fictionnelle. Dans un contexte monoculturel, les perceptions d’un individu à un autre sont suffisamment convergentes pour que l’on puisse communiquer et partager « sur la même longueur d’onde », ce qui n’est pas forcément le cas dans un contexte multiculturel où différents référentiels entrent en scène.

Développer ses capacités de perception nécessite un travail multiple : un travail de compréhension des émotions et motivations des autres (l’empathie) ; un travail d’anticipation des signaux produits par l’autre ; un travail de lecture du contexte global dans lequel s’inscrivent les relations.

 

L’attention consiste à se mettre en position de recevoir des informations dans le but de les traiter pour in fine décider. L’attention déclenche un processus de sélection, d’activation et de facilitation de certains réseaux de neurones au dépend des autres. Ce processus peut être déclenché de manière réflexe par un stimulus externe ou interne ou bien se développer sous forme d’un contrôle endogène par le système exécutif, exerçant son influence sur le cerveau depuis le lobe frontal. Les systèmes attentionnels au niveau cérébral fonctionnement très largement par automatismes, ce qui a pour effet positif de décharger notre cortex préfrontal qui se met ainsi en « pilotage automatique ». Ce faisant néanmoins, le danger pour le cerveau est de passer à côté d’informations essentielles.

Multitasking businessman

Les travaux des neurosciences ont confirmé que chaque processus (décider, mémoriser, inhiber, etc.) emploie des circuits différents qui se concurrencent entre eux. On ne peut ainsi faire qu’une seule chose à la fois et on passe d’une tâche à l’autre de façon séquentielle. Ne pas respecter cette limite naturelle du cerveau entraîne une baisse de qualité du travail réalisé, de la productivité et un épuisement mental constant et intense. A titre d’exemple, une étude a montré que l’utilisation constante de mails et sms réduisait la capacité mentale d’environ 10 points de QI, comme le ferait une nuit blanche ou l’inhalation massive de cannabis !

 

 

Les avancées des neurosciences et des sciences cognitives ont démontré que notre cerveau est le siège de plusieurs systèmes de mémoire. La durée de rétention d’une information définit deux grandes catégories de mémoire :

  • La mémoire à court terme regroupant la mémoire sensorielle et la mémoire de travail.
  • La mémoire à long terme regroupant la mémoire épisodique, sémantique et procédurale.

La mémoire à court terme est sollicitée en permanence sans en avoir toujours conscience. La forme la plus courante de mémoire à court terme est la mémoire sensorielle : mémoire iconique pour la vision et mémoire échoïque pour l’audition. Les informations sont ici conservées un temps très court de l’ordre de la milliseconde.

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Notre mémoire à court terme active également une seconde mémoire, la mémoire de travail, qui nous permet de maintenir pendant un laps de temps de 20 à 30 secondes un certain nombre d’informations nécessaires à nos différentes activités cognitives (par ex composer un numéro de téléphone). Les chercheurs ont tenté de mesurer les capacités de mémorisation à court terme et sont parvenus à ce que le psychologue George Miller a appelé le nombre magique 7 : en moyenne, nous sommes capables de retenir pendant quelques secondes 7 items différents. Il est intéressant de noter que ces items sont des unités sémantiques. Par exemple, la suite de chiffres 7, 9, 6, 4, 0, 9, 2 représente 7 items mais en la lisant 796, 409, 2, elle ne représente plus que trois items et laisse ainsi la possibilité d’en retenir quatre autres !

 

La mémoire à long terme peut être divisée en deux grands types de mémoire :

  • La mémoire déclarative ou explicite qui englobe l’ensemble des informations dont le sujet a une connaissance explicite et qu’il peut donc rappeler à sa conscience à tout moment. Il s’agit de la mémoire épisodique (les événements autobiographiques notamment ceux de l’enfance) et la mémoire sémantique (connaissances théoriques acquises).
  • La mémoire non déclarative ou implicite rassemble l’ensemble des procédures de pensée acquises par un individu qui facilitent par la suite ses nouvelles expériences motrices, perceptives ou cognitives, sans recours à un rappel intentionnel. Une forme connue de cette mémoire implicite est la mémoire procédurale. Une fois acquise la capacité à faire du vélo ou à nager, cette mémoire demeure sans rappel conscient.

Les informations traitées par la mémoire de travail ne pourront être stockées durablement dans la mémoire de long terme que grâce à la répétition qui permettra la mise en place et la consolidation de connexions neuronales permanentes. Ces processus de mémorisation se déroulent lors des phases de sommeil profond (ondes delta). Le sommeil profond se réduisant avec l’âge, cela explique que les capacités de mémorisation se réduisent avec le poids des années !

Du point de vue neurologique, il n’existe pas un unique centre de la mémoire dans le cerveau. Ce sont des changements des connexions synaptiques au sein de réseaux de neurones activés de manière régulière et répétée qui forment et consolident les souvenirs. Certaines régions cérébrales jouent cependant un rôle important. La mémoire de travail met en jeu le cortex préfrontal. Mais d’autres régions sont simultanément activées lors des tâches cognitives, dans le cortex prémoteur, le cortex occipital et le cortex pariétal.

L’hippocampe, petite structure du système limbique, est un « carrefour » important et indispensable à la formation des souvenirs conscients mais semble ne stocker l’information que de manière temporaire, le relais à long terme étant probablement assuré par des structures corticales.